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de crimes, l'efpoir d'obtenir pardon par une bonne conduite, leur a paru un véhicule non moins propre à amener les condamnés à un véritable amendement.

Quoique les prifons de Philadelphie renferment les perfonnes qui doivent être jugées par les tribunaux de l'Union, les prifonniers pour det tes de tout l'État de Penfylvanie, les prifonniers pour faits de police, ou détenus en attendant leur jugement, et les prifonniers détenus par l'effet d'une fentence et connus fous le nom de convicts, ce n'eft qu'à ces derniers que fe rap porte ce que je vais dire de ces prisons; plufieurs circonftances différentes ayant retardé jus qu'à ce moment, les arrangemens femblables pour les autres classes de prifonniers.

LA punition doit avoir pour objet l'amende ment du coupable et doit lui en fournir les moyens. Cet axiome de morale eft la bafe de la conduite des prifons. Les administrateurs y ont joint cet axiome politique, que la détention d'un condamné étant une réparation faite à la fociété, celle-ci ne doit pas, autant qu'il se peut, être encore grevée dans fes finances des frais de cette détention.

D'où il réfulte, 19. que le régime de cette

prifon a pour objet d'amener les prifonniers à l'oubli de toutes leurs anciennes habitudes, à la réfléxion fur eux-mêmes et par elle à l'amendement.

2°. Que l'injuftice, l'arbitraire, les mauvais traitemens font profcrits de cette maison; car ils révoltent l'ame, ils la remplisfent d'irritation et d'amertume, loin de la difpofer au repentir.

3°. Que les prifonniers font conftamment employés à des travaux productifs, pour leur faire fupporter les frais de la prison, pour ne les pas laisfer dans l'inaction, pour leur donner l'habitude du travail et pour leur préparer quelque resfource au moment où leur captivité devra cesfer.

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Les convicts, condamnés à la détention, font de deux classes; ceux condamnés pour les crimes qui jadis étaient punis par la mort, et leur fentence porte toujours la claufe du folitary confinement pour une portion du tems de leur détention, à la volonté du juge, mais qui, par la loi, n'en doit pas excéder la moitié, ni être moindre que la douzième partie; l'autre clasfe est celle des convicts, condamnés pour des délits moins confidérables, et dont le jugement ne prononce pas la claufe du folitary confinement.

L'homme condamné au folitary confinement, est

dans une espèce de cellule de 8 pieds fur 6 et de 9 d'élévation. Cette cellule, toujours au premier ou au fecond étage d'un bâtiment voûté et ifolé du reste de la prifon, est échauffée par un poële placé dans le corridor qui la précède. Le prifonnier fermé par deux-portes de fer en grille, reçoit le bénéfice de la chaleur, fans pouvoir mésuser du feu dont il ne peut approcher. Sa chambre déjà éclairée par le jour du corridor, l'est encore plus directement par une fenêtre qui y est ouverte. Des commodités lavées par une eau courante à volonté, font dans chacune. Les précautions pour la falubrité font entières; ces cellules font ainfi que le reste de la maison, blanchies deux fois par an; le prisonnier est couché fur un matelas fourni de couvertures. Là, feparé de tous les autres, livré à la folitude, aux réflexions et aux remords, il n'a de communication avec perfonne; il ne voit même le porte-clef qu'une fois par jour, quand il lui apporte une espèce de pudding grosfier, fait avec de la farine de mays et de la mélasse. Ce n'est qu'après un certain tems qu'il obtient la permisfion de lire, s'il la demande, ou de s'occuper aux espèces de travaux compatibles avec fon étroite réclufion. Jamais, à moins de maladie, il ne fort, même dans le corridor, tant que dure

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cet etroit emprisonnement. Les infpecteurs des prisons ont la liberté d'en placer l'époque à leur choix, pourvu que la proportion ordonnée par fa fentence, ait lieu dans le cours du tems que doit durer la détention. Ils en placent une grande partie à l'arrivée du convie dans les prisons, parce que la portion la plus rigoureufe de la fentence doit dans toute justice, en suivre immédiatement la prononciation, et être par-là, autant rapprochée que posfible du crime qui l'a meritée; parce que la féverité de cette réclufion abfolue ferait plus horrible encore pour ce prifonnier, s'il avait joui déjà de la mesure de liberté accordée aux autres; parce que, dans cet abandonnement total de tout être vivant, il est plus amené à defcendre en lui-même à réfléchir fur les fautes dont il fent fi amèrement la peine; parcequ'enfin le changement abfolu de nourriture pour la qualité et pour l'efpèce, renouvellant entièrement son fang, l'adoucisfant, le rafraîchisfant, amollit fon ame et la dispofe à la douceur qui amène le repentir. Les infpecteurs de cette prison ont une grande foi à la fureté de cette obfervation et comptent le régime diétetique des prifonniers, au nombre des moyens qui aident le plus efficacement à leur amendement, en changeant leurs idées et leurs dispofitions.

Ce fystème est ausfi celui de tous les fondateurs des religions qui commandent les jeûnes, les abstinences; et l'homme qui réfléchira feulement à l'effet que reçoivent fes facultés intellectuelles de l'état de fon eftomac, applaudira à la confiance qu'ont les infpecteurs de cette prison dans le choix des nourritures qu'ils donnent aux convids. (*)

Les convicts dont la fentence ne porte point la clause du folitary confinement font, à leur arrivée, mis avec les autres. Leur vêtement leur est ôté, pasfé au feu, s'il y a lieu, et le vêtement commun aux prifonniers leur est donné. Ils font informés des règles de la maison, et interrogés le premier jour fur le travail qu'ils font capables, ou dans l'intention de faire. Le conflable qui amène le prifonnier, remet aux inspecteurs un compte fuccinct de fon crime, des circonftances qui peuvent l'aggraver ou l'atténuer, de celles de fon procês, des délits

(*) St. Lambert dans fon eftimable ouvrage qui à pour titre Catechisme univerfel, rappelle que,, dans Athenes un temple étoit confacré a Minerve Hygienne, et que chez les Egyp" tiens, chez les gymnofophistes, chez les mages, dans plufieurs écoles de la Grece on pensoit que l'art de fortifier le corps, d'entretenir la fanté, de choisir les alimens et les ,, exercices, contribuoit à rendre l'efprit facile, actif, et la

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borieux." (chap. de la Raifon, ou ponthlamas.)

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