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guerre, même défenfive. Il rédigea donc un code de loix criminelles beaucoup plus douces et où la privation de la vie était réservée au feul meurtre prémédité, avec faculté au pouvoir exécutif d'annuller le jugement par un pardon abfolu, ou par une commutation de peine. Ce code fut défapprouvé par l'Angleterre, et après un long débat entre le roi et le gouverneur de Penfylvanie, les loix criminelles anglaifes furent établies dans toute leur étendue et leur rigueur. Cet ordre de chofes dura tant que le roi d'Angleterre est refté fouverain de l'Amérique feptentrionale.

Les habitans de la Penfylvanie rappellés à la liberté, ont du l'etre, à la fois, à la douceur de leurs loix pénales primitives. Cependant quoique la nouvelle conftitution de cet Etat, faite en 1776, portât l'injonction à la législature de réformer le code criminel, de rendre les peines moins cruelles et plus proportionnées aux délits qu'elles doivent punir; la guerre empêcha jufqu'en 1786, que ces bienfaisantes intentions ne fusfent fuivies. A cette époque feulement, la peine de mort fut réservée aux meurtriers de toute espèce, aux incendiaires, et aux coupables de trahison; le fouet, l'emprisonnement, les travaux publics lui furent fubftitués pour les autres délits.

Cet adoucisfement déjà grand dans le code. pénal, n'était cependant qu'un' commencement imparfait de la réforme projettée. Quelques principes évidens de juftice y étaient encor méconnus. L'évafion de la prison était punie de coups, à la volonté du juge, même de mutilation d'oreilles. L'homme échappé de prison, devenant coupable de l'un des délits que la nouvelle jurisprudence punisfait d'une peine legère, l'était de mort felon le code de la jurisprudence ancienne: comme fi la loi qui doit toujours fuppofer à un détenu le defir de s'échapper, ne devait pas réunir toute fa furveillance et tous fes foins pour rendre la prifon fûre, rendre même, s'il le faut, les geoliers responfables des évafions, fans pouvoir jamais faire un nouveau crime à celui qui, en échappant à la captivité, ne fait qu'obéir à un défir naturel, dont perfonne ne peut méconnaître la violence, ne rompt réellement aucun engage ment et ne trompe aucune confiance.

L'expérience de deux ou trois années décou vrit promptement ausfi les nombreux inconveniens des travaux publics. Ces criminels chargés de fers, répandus dans les rues, fur les chemins, présentaient plutôt au public, le spectacle du vice que celui de la honte et du mal

heur. L'impossibilité de les furveiller tous d'asfez prés, leur laisfait fouvent les moyens de se livrer à des excès, de s'enivrer, d'entrer dans les maifons, quelquefois d'y voler, fouvent de rompre leur chaînes. Tous les prifonniers étaient confondus, quels que fusfent leurs crimes et leurs caractères. Le mauvais ne devenait pas meilleur par ce mêlange, et le moins mauvais, en devenait pire. L'effroi était dans les villes et dans les campagnes; et loin que les hommes, ainfi punis, en reçusfent des moyens d'amendement, les crimes fe multipliaient et les prifons devenaient trop petites pour le nombre des condamnés qu'elles devaient contenir.

Plufieurs citoyens refpectables de Philadelphie fe réunirent à cette époque, dans l'objet de porter quelque foulagement dans les prifons, d'en découvrir les befoins, d'en révéler les abus au gouvernement. Cette fociété provoqua un nouvel adoucisfement dans le code pénal. En 1790, la législature, compofée encore d'une feule chambre, abolit les travaux publics, la mutilation, le fouet, l'amende en réparation des crimes commis. Cette loi exige ausfi un grand degré d'évidence pour la conviction de quelques crimes, particulièrement pour celui de la deftruction d'un enfant, par fa mère, dans

les premiers momens de fa naissance; et preferivant quelques articles esfentiels pour l'administration générale des prifons, elle laisse à un comité d'inspecteurs, le foin de faire, avec l'approbation du Maire et de deux Aldermen de Phi ladelphie, de deux juges de la fuprême cour, et de deux de celle des common-pleas de Penfylva-. nie, les règlemens nécesfaires pour leur regime intérieur. La confiance dans les vues de cette bienfaifante fociété, dans le dévouement et la fagesfe des infpecteurs qui fe propofaient pour gouverner les prifons, arracha cette loi de, douceur de la législature, qui était loin alors d'efpérer que l'abfence de tous mauvais traitemens, que la douceur envers les prifonniers, asfureroient, leur bonne conduite et leur amendement plus que n'avaient pu le faire la dureté et les chaines.

Les juges confultés étaient contraires à ce changement, non qu'ils fusfent endurcis par les préjugés: ils font éclairés et humains; mais la connaisfance habituelle que leur état leur donnait des crimes et des criminels, ne leur laisfait aucun espoir de fuccès dans le nouveau fyftème que l'on propofait d'établir. Le changement de régime dans les prisons, était cependant la feule bafe de celui du code pénal. Ausfi la loi ne

fut-elle que temporaire, et fon effet limité à cinq années; laisfant à l'expérience à prouver, fi ces esfais devaient être continués, ou, fi ce qui femblait alors plus probable, ils devraient être abandonnés.

Les Quakers principalement, étaient promoteurs de ce fystème de douceur. Ils furent aidés de l'influence de 'quelques citoyens, les plus confidérables par leur fortune et par leur crédit, asfez fages pour prévoir la possibilité et les avantages de leurs fuccès, asfez bons patriotes, asfez humains, pour défirer d'y contribuer. Ceux-ci furent choifis pour infpecteurs; alors les réglemens furent promptement faits; les changemens nécesfaires dans les bâtimens bientôt opérés, le nouveau régime bientôt mis en exécution, et les esfais des premières années ont tellement répondu à leur efpérance, et à leurs foins, que la législature de la Pensylvanie, adoucisfant en-. core en 1793, le code pénal, a réservé la peine de mort aux feuls meurtres, prouvés faits avec malice et préméditation, punisfant les autres d'une détention plus ou moins longue, plus ou moins fevère, et laisfant toujours au gouverneur la faculté d'en abréger la durée. Car fi la certitude de la punition a paru à ces fages législateurs un frein puisfant pour empêcher beaucoup

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